Vérité, connaissance et subjectivité (TS)

RAISON ET REEL, VERITE

 

Comment concilier une connaissance avec une vérité purement subjective par exemple dans le domaine artistique ?

 

A partir de l'idée qu'il y a des vérités en science mais aussi des vérités dans d'autres domaines (art, religion, philosophie...) et que ces dernières vérités ne se démontrent pas comme dans les sciences, on suppose que toutes les vérités ne sont pas démontrables.

Y-a-t-il une vérité du beau ? Une vérité des mots ? Une vérité des valeurs ? On veut montrer que quel que soit le domaine la vérité reste tjs relative au jugement des hommes.

 

 

I) La vérité est un discours

 

Deux types de jugement :

  •  
    • jugement de réalité qui se prononce sur ce qui est conforme ou pas au réel (dire il pleut est vrai s'il pleut effectivement)

    • jugement de valeur qui se prononce sur ce qui devrait être ou ne pas être (bien, mal, juste, injuste, beau, laid etc.)

 

Si l'on peut facilement juger de la validité d'un jugement de réalité, peut-on affirmer qu'un jugement de valeur est vrai ou faux ?

 

II) Les deux instruments de la connaissance : Raison et Sens

 

Raison : connaissance médiate

Sens : connaissance immédiate

 

« Les sens, quoique nécessaires pour toutes nos connaissances actuelles, ne sont point suffisants pour nous les donner toutes, puisque les sens ne donnent jamais que des exemples, c'est-à-dire des vérités particulières et individuelles. Or, tous les exemples qui confirment une vérité générale, de quelque nombre qu'ils soient, ne suffisent pas pour établir la nécessité universelle de cette même vérité, car il ne suit pas que ce qui est arrivé arrivera toujours de même. [...] D'où il paraît que les vérités nécessaires, telles qu'on les trouve dans les mathématiques pures et parti­culièrement dans l'arithmétique et dans la géométrie, doivent avoir des principes dont la preuve ne dépende point des exemples, ni par conséquence du témoignage des sens, quoique sans les sens on ne se serait damais avisé d'y penser. »

LEIBNIZ, Nouveaux Essais sur l'entendement humain.

 

 

III) La vérité du coeur : l'objectivité en question

 

"Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le coeur. C'est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes et c'est en vain que le raisonnement, qui n'y a point de part, essaie de les combattre [...] Nous savons que nous ne rêvons point. Quelque impuissance où nous soyons de le prouver par raison, cette impuissance ne conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, mais non pas l'incertitude de toutes nos connaissances [...] Car les connaissances des premiers principes: espace, temps, mouvement, nombres, sont aussi fermes qu'aucune que celles que nos raisonnements nous donnent et c'est sur ces connaissances du coeur et de l'instinct qu'il faut que la raison s'appuie et qu'elle y fonde tout son discours. Le coeur sent qu'iI y a trois dimensions dans l'espace et que les nombres sont infinis et la raison démontre ensuite qu'il n'y a point deux nombres carrés dont l'un soit double de l'autre. Les principes se sentent, les propositions se concluent et le tout avec certitude quoique par différentes voies [...]."

 

De plus même dans la science la vérité reste relative à ce que l'homme est capable de comprendre, une connaissance scientifique peut avoir pour origine une émotion ou un sentiment. Quel que soit le domaine, la vérité reste relative à la capacité de juger.

 

On pose alors la question : à quelles conditions peut-on atteindre la vérité ?

On y répond en opposant deux conceptions : idéalisme et réalisme ou empirisme

  1.  
    1.  

       

       

      IV) La vérité est dans l'esprit et pas dans les objets (thèse idéaliste : Platon, Descartes, Leibniz, Berkeley, Hegel)

 

 

  1. Platon : mythe de la caverne

 

  1.  

  2. Leibniz : le fondement d'une vérité est universel (Théorie et expérience ; voir fichier Leibniz, expérience et vérité)

 

V) La connaissance commence avec l'expérience (thèses empiriste : Aristote, Locke, Diderot, Kant, Marx, Russell)

 

"Supposons donc qu'au commencement l'Âme est ce qu'on appelle une table rase, vide de tous caractères, sans aucune idée, quelle qu'elle soit. Comment vient-elle à recevoir des idées ? Par quel moyen en acquiert-elle cette prodigieuse quantité que l'Imagination de l'Homme, toujours agissante et sans bornes, lui présente avec une variété presque infinie ? D'où puise-t-elle tous ces matériaux qui sont comme le fond de tous ses raisonnements et de toutes ses connaissances ? À cela, je réponds en un mot, de l'Expérience: c'est là le fondement de toutes nos connaissances, et c'est de là qu'elles tirent leur première origine. Les observations que nous faisons surles objets extérieurs et sensibles, ou sur les opérations intérieures de notre âme, que nous apercevons et sur lesquelles nous réfléchissons nous-mêmes, fournissent à notre esprit les matériaux de toutes ses pensées. Ce sont là les deux sources d'où découlent toutes les idées que nous avons, ou que nous pouvons avoir naturellement."

 

LOCKE Esssai philosophique concernant l'entendement humain II

 

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Profil

  • christophe BOURDEL
  • BacPhilo
  • Professeur certifié de philosophie. Titulaire d'un Master de philosophie de l'université Montpellier III.

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ch.bourdel@gmail.com

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