Partager l'article ! La religion (L, ES, S): A) Qu’est-ce qu’avoir une religion ? Les 7 principales religions ...
A) Qu’est-ce qu’avoir une religion ?
Les 7 principales religions
B) De l’intelligence à la religion
« L’homme, depuis ses premières formes jusqu’à la nôtre, a inauguré et développé la réflexion, c’est-à-dire l’aptitude à traduire par des symboles la réalité matérielle du monde qui l’entourait […] Le comportement religieux, sur un autre plan, est aussi pratique que le comportement technique, il assure comme celui-ci l’intégration de l’homme dans un monde qui le surpasse et avec lequel il négocie physiquement ou métaphysiquement. A chaque étape de cette intégration a du correspondre un stade du comportement religieux.
Leroi-Gourhan, Les religions de la préhistoire
C) Une pensée religieuse sans Dieu est-elle possible ?
1) Foi et croyance
2) Sacré et profane
« Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c’est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée église, tous ceux qui y adhèrent. Le second élément qui prend ainsi place dans notre définition n’est pas moins essentiel que le premier ; car en montrant que l’idée de religion est inséparable de l’idée d’Eglise, il fait pressentir que la religion doit être une chose éminemment collective. »
Emile Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse
3) De la croyance à la superstition
« Les hommes ont une tendance universelle à concevoir tous les êtres à leur ressemblance et à transférer à tous les objets les qualités auxquelles ils sont habitués et familiarisés et dont ils ont une conscience intime. Nous découvrons des visages humains dans la lune, des armées dans les nuages ; et si nous ne corrigeons pas par l’expérience et la réflexion notre penchant naturel, nous accordons malveillance et bienveillance à tout ce qui nous apporte mal ou bien […] Il n’y a rien d’étonnant alors à ce que l’humanité, placée dans une ignorance aussi absolue des causes et en même temps si inquiète de sa destinée future, reconnaisse immédiatement qu’elle dépend de puissances invisibles, douées de sentiment et d’intelligence. »
Hume, Histoire naturelle de la religion
D) Pour une critique de la religion
1) Le déclin du fait religieux selon Durkheim
« Or, s'il est une vérité que l'histoire a mise hors de doute, c'est que la religion embrasse une portion de plus en plus petite de la vie sociale. À l'origine, elle s'étend à tout; tout ce qui est social est religieux; les deux mots sont synonymes. Puis, peu à peu, les fonctions politiques, écono¬miques, scientifiques s'affranchissent de la fonction religieuse, se constituent à part et prennent un caractère temporel de plus en plus accusé. Dieu, si l'on peut s'exprimer ainsi, qui était d'abord présent à toutes les relations humaines, s'en retire progressivement; il aban¬donne le monde aux hommes et à leurs disputes. Du moins, s'il conti¬nue à le dominer, c'est de haut et de loin, et l'action qu'il exerce, devenant plus générale et plus indéterminée, laisse plus de place au libre jeu des forces humaines. L'individu se sent donc, il est réellement moins agi; il devient davantage une source d'activité spontanée. En un mot, non seulement le domaine de la religion ne s'accroît pas en même temps que celui de la vie temporelle et dans la même mesure, mais il va de plus en plus en se rétrécissant. [...]
Sans doute, si cette décadence était, comme on est souvent porté à le croire, un produit original de notre civilisation la plus récente et un événement unique dans l'histoire des sociétés, on pourrait se demander si elle sera durable; mais, en réalité, elle se poursuit d'une manière ininterrompue depuis les temps les plus lointains. C'est ce que nous nous sommes attachés à démontrer. L'individualisme, la libre pensée ne datent ni de nos jours, ni de 1789, ni de la Réforme, ni de la scolastique, ni de la chute du polythéisme gréco-latin ou des théocraties orientales. C'est un phénomène qui ne commence nulle part, mais qui se développe, sans s'arrêter, tout le long de l'histoire. »
Durkheim, De la division du travail social
2) La religion est l’opium du peuple
« La religion est le soupir de la créature opprimée, la chaleur d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple.
Abolir la religion en tant que bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur réel. Exiger qu'il renonce aux illusions sur sa situation c'est exiger qu'il renonce à une situation qui a besoin d'illusions. La critique de la religion est donc en germe la critique de cette vallée de larmes dont la religion est l'auréole.
La critique a dépouillé les chaînes des fleurs imaginaires qui les recouvraient, non pour que l'homme porte des chaînes sans fantaisie, désespérantes, mais pour qu'il rejette les chaînes et cueille les fleurs vivantes. La critique de la religion détruit les illusions de l'homme pour qu'il pense, agisse, façonne sa réalité comme un homme désillusionné parvenu à l'âge de la raison, pour qu'il gravite autour de lui-même, c'est-à-dire de son soleil réel. La religion n'est que le soleil illusoire qui gravite autour de l'homme tant que l'homme ne gravite pas autour de lui-même. »
Marx, Critique du droit politique hégélien
ch.bourdel@gmail.com
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